Philippines de HongKong

Publié le par Nacene

Elles sont souvent aï (femme de ménage). Elles vivent chez leur employeur et envoie souvent leur argent à leurs familles restées là-bas. Et de l’argent, elles doivent en envoyer, car le western union ne désemplit pas.
Le week-end, elles se réunissent sur les passerelles qui mènent d’un centre commercial à un autre. Elles s’installent sur le bord, sur des journaux, des cartons, des nappes, pour discuter, se coiffer, se maquiller, jouer aux cartes, écouter la radio, dormir. Elles sont toutes là dans ce petit espace qu’elles se réservent au milieu de la ville… car elles n’en ont pas d’autres.
Elles n’ont pas de logement sur HongKong, les habitations sont hors de prix pour elles, donc elles échangent les placards où elles dorment la semaine contre ce bout de trottoir ouvert. Voilà leur vie, le ménage la semaine et les passerelles le week-end, pour élever un enfant ou deux rester là-bas. Quelques coups de fils de temps en temps, des nouvelles, et puis c’est reparti pour une semaine.

Les passerelles sur lesquelles elles s’installent ne sont qu’horizontales, à l’évidence. Aucune ne permet de monter dans l’échelle sociale. Elles sont mieux ici disent-elles, alors comment est-ce là-bas ?! HongKong un pays développé ? C’est cela qu’on appelle la préférence nationale ?! Non merci. On ne peut pas accueillir toute la misère du monde, certes, mais qu’on ne fasse pas vivre dans la misère ceux qu’on choisi d’accueillir.

Publié dans Pékin

Commenter cet article

sylvain 02/01/2008 23:50

La Chine vit (et surtout va vivre) un problème démographique: celui du manque de femmes. J'ai lu que le déficit était de plusieurs millions de femmes. Cela à cause de la politique de l'enfant unique et de l'infanticide des filles dans certaines campagnes. Ces Philippines ne seraient-elles pas une des solutions à ce problème ? Comment l'homme chinois les considère-t-il ?

Photos de Chine - Photos of China 24/03/2007 11:37

1) C'est un cercle vicieux, elles ne parlent pas la langue, donc pas de formation possible, pas de formation possible, donc pas de changements de catégories.pour moi, il y'a un minimum necessaire pour qu'elle puisse atteindre cette échelle. c'est comme si l'échelle se trouvait à 5m du sol. seules elles ne peuvent pas l'atteindre, mais si on les aide, elles s'y accrochent, et après elles ont les moyens de continuer à monter.Je pense que c'est le rôle de l'école en France par exemple. apprendre à lire, compter, c'est le minimum, ce sont des "outils" qui permettent plus tard d'aller plus loin, par soi-même.Ce minimum là, elles n'y ont pas accès.2) Quand je parle de préférence nationale, c'est parce que hongkong ne laisserait pas dans cette situation un nombre aussi importants de hongkongais justement. mais comme ce sont toutes des étrangères, alors c'est plus acceptable pour l'opinion publique. elle s'identifie moins à ces femmes. il y'a un coté quasi inconscient qui dit "mes enfants ne sont pas conecernés", alors ça choc moins.

Mira 22/03/2007 18:04

"Les passerelles sur lesquelles elles s’installent ne sont qu’horizontales, à l’évidence. Aucune ne permet de monter dans l’échelle sociale"Très joli!!!!!! :-)Je suis d'accord sur le "toute misère est relative": pourquoi certaines personnes préfèrent-elles vivre à l'étranger, dans la précarité voire l'illégalité plutôt que de vivre dans leur pays...?Si ces femmes vivent ainsi, est-ce que c'est parce qu'elles sont étrangères (tu parles de préférence nationale, est-ce là la seule raison?) ou parce qu'elles ne peuvent pas faire autrement (formations, niveau d'étude)?

Nacene 22/03/2007 09:26

Il y'a un centre commercial ou nous étions avec xavier, qui leur est quasiment dédié. il n'y avait QUE des philippines, et nous.

Armellou 21/03/2007 18:16

C'est en même temps sympathique et désespérant...