Une Histoire Algérienne à Prague

Publié le par nacene

D’abord, Prague sous le soleil, il y’a rien à dire, enfin il n’y a qu’une chose à dire, c’est beau (quoi que sous la pluie ça ait aussi son charme, et j’attends la neige avec impatience, les photos sont magnifiques).

 

 

 Ah oui, ma chambre d’ « hotel ». Comment dire. Je ne sais si c’est le fait de devoir monter dans sa chambre au briquet car il n’y a pas de lumière dans le couloir, ou les bouts de plâtres qui tombent sur les poubelles à l’entrée, mais quelque chose n’allait pas. Heureusement, les secousses sismiques ne sont pas très nombreuses en république tchèque, sinon il y’a bien longtemps que mon « hotel » ne serait plus présent sur aucun guide. Je ne vous donne pas l’adresse, comme ça, avec un peu de chance, vous irez aussi.

Prague, on ne le sait pas assez, c’est la ville du jazz. Les clubs sont nombreux et les groupes parfois impressionnants, jouant toute sorte de jazz. J’ai essayé le REDUTA, un des plus célèbres, petite salle à l’ambiance jazz (je ne saurait le dire autrement) avec des photos noir et blanc (dont celle de Bill Clinton au saxo jouant pour Madeleine Albright :o), une lumière tamisée qui pousse le regard vers là où les choses se passent, sur scène. On pourrait sans doute tourner un film la dedans, on imagine assez bien Miles Davis à travers la fumée des cigares (oui mais voilà, Miles jouait à saint-germain plutôt, et toc :oP)

J’ai aussi croisé un vendeur de billets de concerts ambulant essayant de vendre à une américaine une place avec un anglais (bien de chez nous). Sur ce je m’arrête pour lui prêter main forte, et la transaction terminée, je lui demande d’où il est.

Le monsieur en question s’offusque, car bien sûr dit-il, il est de Prague. Je lui demande alors si c’est dans le quartier de tizi ouzou de prague ou celui de beb el-oued. Là, il ne pouvait plus s’échapper. Me voilà en deux minutes entrain de discuter avec une bande de vendeurs ambulants, tous de mon pays natal, parlant de la vie en Europe de l’Est, les bons cotés, les mauvais, les difficultés, la beauté de la ville, etc.

Et les vendeurs en questions me proposent des billets de concerts gratuits, car évidemment ils n’ont pas tout vendu, et les 4 saisons de Vivaldi les intéressent autant que la cuisine des mousquetaires de Maïté.

Me voilà donc invité à la salle de l’Hôtel de ville, au 3ème rang (car les places les plus chers sont les moins vendues évidemment… et donc celles dont j’hérite). Un concert magnifique, une soliste dont le talent insolent peine à faire oublier la finesse des traits.

Le lendemain encore, les mêmes vendeurs, toujours aussi enjoués, parlant avec la même emphase, et me donnant des leçons dans à peu près tout, du « comment draguer une pragoise en 5min36s » à « l’avenir de l’aménagement urbain de l’agglomération » sans oublier bien sûr le classique « le pourquoi du comment du drame algérien ?».

Eh bien, d’abord, parler arabe, ça fait du bien, là où ça fait du bien. Parce qu’en Autriche, ce ne sont pas les occasions qui pleuvent. Et comme mon frère ne se résout toujours pas à rentabiliser son forfait téléphonique illimité vers l’Europe avec moi (oui oui c’est une critique, c’est mon blog je fais ce que je veux), et bien, les occasions se font même rares.

Ensuite, les vendeurs ambulants ne disent pas que des bêtises. Ils disent aussi des conneries, des trucs faux, des mensonges, des contre-vérités, et parfois même « des contrepèteries sans faire exprès », c’est comme des contrepèteries, mais sans faire exprès.

Ils m’ont aussi parlé de deux algériens qui vivaient du vol, en me les désignant  au fond de la salle.

  

« Tout le monde les connaît, c’est leur travail, ils font ça tous les jours depuis des années, ils se lèvent vers 13h00, ils volent, puis ils vont dans les casinos ou les bordels tout dépenser. Ils sont biens portant, ils pourraient travailler, et gagner honnêtement leur vie, mais non, ils préfèrent ce qui rapporte plus. Ils gâchent tout, les gens se méfient de nous à cause d’eux. Et puis, dans un pays normal, ils seraient en prison, mais là, il passe 15 jours, un mois, et ils sont dehors. Ils s’en foutent, ça rapporte toujours plus. Regarde son blouson en cuir, il en change tous les mois. Nous on travaille, tous les matins on se lève, on vient travailler dehors toute la journée jusqu'à 20h30, en hiver il fait -10°C, pour 500/600€ par mois. Ça nous dégoute. C’est pas normal. Même nous ils ont essayé de nous voler. Ils ont pas trouvé qui voler ils viennent voler les enfants du pays. C’est pas normal. Ce sont pas des hommes. Et les gens quand ils nous regardent, c’est ces gens là qu’ils voient ». Les vendeurs ambulants ne disent donc pas que des conneries, c’est vrai.

Je n’ai donc même pas été voir le concert le deuxième soir, j’avais un autre spectacle sous les yeux sans doute tout aussi intéressant, sachant que là, j’étais de plus aux premières loges.

 

Publié dans Vienne - Autriche

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maroucain i fier doul ètre 17/09/2007 15:33

ban ramadon, inch'Allah a la prouchaine
ah lait, bye bye

nacÚne 28/09/2005 15:53

alors l'autre elle se la pete avec HK, mais c'est pour Hong Kong ... :o)

collegue 27/09/2005 12:23

au fait, nana passe aussi a HK... j'essaierai de prendre des places pour ceux qui veulent!

Armellou 26/09/2005 12:51

Je t'ai encore loupé à la radio... La prochaine fois, vous allez tellement avoir progressé que je ne vais pas vous reconnaitre.
J'espère que tes nouveaux guides se portent bien et qu'ils continuent à te filer des places de concerts pour Nana Mouskouri!
J'espère bien la voir quand on passera te voir !

nacÚne 23/09/2005 09:44

oui, c'est vrai, il y'a aussi des violeurs et des assassins :oD