Le neo-Liberalisme et les Politiques Demissionnaires

Publié le par Nacene est un homme politique

Je ne connais pas de vérité absolue, elles s'inscrivent dans un temps, une époque. La théorie neo-libérale qui se présente comme inéluctable s'appuie sur des théories qui n'ont rien de scientifiques, comme elles le prétendent. Elles ne sont que l'application d'un dogme qui s’appuie sur des chiffres et des graphiques pour mieux nous déposséder du politique, du décisionnel, du pouvoir que nous avons sur elles.

 
La Science du Vide

On fait parler des experts, des théoriciens que nous devons croire comme des oracles, pour ne pas questionner les fondements de leurs hypothèses, pour ne pas questionner leurs arguments, pour les suivre comme on suit les prophètes.

 
On nous enseigne la théorie neo-libérale comme on nous enseigne Newton et Archimède, comme une destinée sur laquelle nous n'avons aucune prise. Tel politique vote telle loi neo-libérale car elle s'impose à lui, comme la pomme tombe sur votre tête quand elle se détache de l'arbre.

 
Appelez les Martyrs


Et puis l'on ose s'interroger sur la défiance des citoyens pour leurs hommes politiques, qui ne font, finalement, que ce que des forces naturelles leurs imposent. Ils disent même leurs taches ingrates et l'assument comme des martyrs, ils croient se sacrifier en faisant le nécessaire pour leur peuple, alors que ni ils ne font ce nécessaire là, celui de questionner, ni ils ne se sacrifient, puisque leur sacrifice nous emporte tous.

 
A quoi bon donner confiance aux investisseurs quand on mine par le même mouvement celle du peuple? A quoi bon détruire nos acquis sociaux, pour préserver les acquis des investisseurs capitalistes? Je le redis encore : pour une économie qui tourne, il faut des capitaux, je ne suis pas communiste (autre dogme), mais à maximiser une efficacité économique, on oublie de travailler pour ses concitoyens, on oublie que sans redistribution, il ne sert a rien d'engranger des millions, on oublie que l'économie doit servir la population au lieu de l'asservir.

 
Pas des neo-libéraux, mais de vieux Reactionnaires

Sous des apparences de "réforme", on revient en arrière, à une société rentière. On parle "d'effort de travail", autrement dit travailler plus, on parle de "flexibilité", autrement dit de sacrifice de la part de la population, de renoncement à réclamer des droits. Pour qui gouvernent-ils au fond? Là est la question, est-ce vraiment pour ceux qui les ont élus?

Si c'est Eux, c'est que c'est Nous

Mais la faute ne revient pas qu'aux politiques. Quand le politique se trompe, c'est au peuple de le sanctionner, de changer les Hommes aux commandes pour mettre ceux qui nous défendent. Nous n'en faisons rien! On finit par croire que leurs "théories" sont effectivement inéluctables, alors qu'ils soient de gauche ou de droite, à quoi bon?

 
C'est notre faute à tous de ne pas demander davantage de comptes sur les 15 milliards de diminutions d'impôts "entendez par là 15 milliards de plus pour ceux qui en ont le plus, car cet argent n'a pas disparu", de les suivre dans leur rhétorique quand ils nous présentent les cheminots, ou les professeurs ou encore les RMI-istes, comme des nantis! Ils n'ont peur de rien! Ils n'ont peur de rien car ils n'ont plus peur de nous.

 
Notre résignation les protège, tout comme la vulgate néo-libérale qu'on nous sert du matin au soir. Ils pourront toujours nous dire : vous nous demandez des comptes aujourd'hui, mais à l'époque ou ça s'est passé, tout le monde était d'accord et nul ne pouvait prévoir que nous empruntions le mauvais chemin. Comme si nous les nommions pour suivre un fleuve, au lieu d'en changer le cours!

 
Le peuple se résigne, et eux n'ont plus le courage d'être de vrais réformateurs, c'est à dire de continuer à se battre pour nos acquis, qui sont pris d'assaut de toutes parts.

 
Donne ce que t'as et je t'en laisserais une partie!


« Ah mais c'est pour baisser le chômage, ce que nous faisons c'est pour vous ». comme on disait à l'époque de De Gaulle, « donne moi ta montre et je te donnerai l'heure! »

 
Le chômage n'a pas tellement baissé(1), par contre les richesses ont continué et continué de se concentrer, et nous n'en touchons qu’une part de plus en plus maigre. Pourtant, c'est nous qui les créons, leurs théories devraient leur rappeler que pour qu'il y ait valeur ajoutée,  il faut du capital et du travail. Et pour que cela dure, il faut une juste répartition des richesses entre les deux.

 
Nos neo-libéraux, qui parlent de "reforme", de "dynamisme", de "croissance", ne sont en fait que des conservateurs, qui n'ont pris du moderne que le bling bling et appliquent des politiques d'antan, celles qui permettaient d'avoir des mineurs corvéables à merci.

 
On nous demande de serrer la ceinture en nous promettant des lendemains meilleurs, aujourd'hui on nous dit que certes, les beaux jours ne sont pas encore là, mais si nous nous n'étions pas serrés la ceinture, la situation serait pire aujourd'hui! Belle rhétorique qui permet de continuer ce glissement en arrière.

 
Le Désengagement de l'Etat


A qui profite le désengagement de l'Etat? La Poste qui va être privatisée, va-t-elle employer plus de personnes? Je ne le crois pas. Va-t-elle être moins chère? Je ne le crois pas non plus. Va-t-elle rapporter plus d'argent dans les caisses de l'Etat, c'est à dire notre épargne commune? Assurément non, les dividendes seront pour ses actionnaires. Alors la question est simple, pourquoi prenons nous cette direction? Et pourquoi les laissons nous prendre cette direction?

 
Ah oui, pour qu'il y ait moins de fonctionnaires. C'est devenu un leitmotiv en soi! les fonctionnaires, les nouveaux nantis! Regardez les, ces professeurs, ces infirmières, ces cheminots, ces gardiens, ces secrétaires et ces assistantes sociales, elles se pavanaient dans le luxe! Ah oui, c'est dégoûtant! Mieux vaut que l'argent aille un peu plus dans les poches des capitalistes industriels et financiers! C’est sûr, ce serait mieux qu'on paie nos écoles, comme aux USA, les yeux de la tête (et la peau des fesses avec).

 
Impôt, Mon Amour

Quand l'Etat se désengage, avec les règles d'aujourd'hui, c’est le capitalisme qui prend le relais. Et quand l'argent de l'Etat appartient à tous, et travaille pour tous (éducation, culture, santé, aménagement du territoire,etc) l'argent privé ne travaillent que pour lui-même. Baisser les impôts pour les capitaux, c'est prendre dans nos poches pour donner à ceux qui en ont déjà beaucoup. Ils ont réussi, par la rhétorique encore une fois, à nous faire croire que "l'impôt" était la chose la plus horrible qui soit, comme une injustice, alors que c'est lui qui vient corriger les incohérences, c'est lui qui vient remettre de l'équilibre, c'est lui qui permet la solidarité, le partage et la sauvegarde du bien commun.

 
On nous parle davantage de création de richesses, mais de moins en moins de redistribution! Oui, je le concède, je le vois bien dans leurs chiffres, je n'ai pas de dogme qui viendrait m'aveugler devant leurs graphiques, le capitalisme et la concurrence crée de la richesse. Comme je le dessine sur le graphe ci-dessous:


Mais de même, je vais m'armer de représentations mathématiques (qu'ils utilisent pour mieux nous exclure du débat économique et le laisser aux "experts"), pour parler de redistribution.

La concurrence entre les travailleurs crée de la redistribution et de la sécurité s'il elle est mesurée, et au delà d'un certain point, elle ne profite plus qu'aux capitaux :



Alors qu'ils le sachent, qu'on se le dise, que vous leurs disiez, ce qu'on attend d'eux c'est de maximiser la redistribution, en étant un contre pouvoir au capitalisme, en posant des bornes, pour être au sommet de cette gaussienne (parlons leur langage pour reprendre en main le débat!).

 
« Il est temps que nos politiques travaillent mieux pour qu'on gagne plus »

 
(1) Rappelez-vous aussi que le chômage est bon pour les capitaux, il permet de garder la pression sur les salaires, et de faire pencher la balance de la redistribution du coté des capitaux.





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Relations Mutuellement Bénéfiques

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