
Rwanda - 1994
Au cours du dernier quart de siècle, Nachtwey a été témoin de plus de guerres que bien des soldats. Il a été partout. En 1993, en Bosnie, il était juste derrière des miliciens croates qui faisaient feu sur leurs voisins musulmans. L'année d'après, il côtoyait des charniers au Rwanda. En 2000, il était sur les talons de Palestiniens qui lançaient des cocktails Molotov à l'armée israélienne. Et en 2001, il était à New York, un certain 11 septembre...
James Nachtwey a été blessé à plusieurs reprises au cours de sa carrière. Il a aussi chopé des maladies terribles. Le type a tout donné à son métier. Il n'a jamais eu le temps de fonder une famille. Il a toujours travaillé seul. Il parle peu. Ses photos témoignent pour lui.
Pourquoi fait-il cela? Pourquoi consacrer sa vie à documenter le pire de l'humanité? Pourquoi frôler la mort pour une photo qui se retrouvera dans les pages d'un magazine, à côté d'une pub de Rolex? À quoi bon?
James Nachtwey se pose ces questions depuis vingt-cinq ans. Il n'arrive pas à être "heureux" de son travail, car celui-ci implique la souffrance des autres. À tout le moins, il espère que ses photos ont attiré l'attention sur certains problèmes. Il aurait pu devenir cynique. Il n'a pourtant jamais perdu son optimisme. En fait, il croit toujours que le Bien finira par triompher du Mal, et que son appareil photo est une arme de paix. Quand James Nachtwey s'en va-t-en guerre, il s'en va pacifier le monde...
Il y en a qui parlerait de naïveté, mais c'est l'idéalisme qui a poussé Nachtwey à côtoyer le pire de près pendant toutes ces années.
En temps de guerre, un journaliste ne risque pas sa vie parce que c'est son "devoir d'informer". À mon avis, comme James Nachtwey, il souhaite aussi changer le monde..."
source
Commentaires