QQ, not so Qute

Publié le par Nacene

"un article un peu long, mais j'espère que ce sera constructif, j'attends vos commentaires"



Autant vous le dire tout de suite, le Q rime avec Qute mais surtout avec Serial Quiler Qar  (avec quoi?  une  Serial  Quiler). Elle s'appellera S16 pour l'Europe, mais c'est la même. Elle ressemble pas mal à une Chevrolet, sauf son prix 3985€ en Chine, et moins de 5000€ avec ABS, Airbag et climatisation.  Chery QQ, c'est  le glas de l'industrie automobile européenne (le début du moins).  Je résume : non pas qu'on ne va plus avoir d'industrie automobile du tout, mais on ne peut pas rivaliser avec un tel prix.

Le résonnement est simple (et pas nécessairement faux). Vous prenez pleins de constructeurs mondiaux, vous leur dites, voilà votre marché, il s'appelle l'Europe. Aux uns, vous imposez un salaire minimum à plus de 1000€, des taxes pour l'environnement, des cotisations pour la retraite et la santé, etc. Les autres peuvent payer leurs ouvriers 80€ par mois. Allez-y, entrez en compétition maintenant. Evidemment, y'aura des victimes.

Oui je l'entends d'ici, l'argument qui dit "on fera de la qualité, du mieux, Mercedes est encore intouchable". C'est vrai, Mercedes est intouchable sur son marché aujourd'hui, comme l'étaient Renault ou PSA il y a encore peu. Mais ils ne le sont plus. Les chinois apprennent, et rattraper va beaucoup plus vite qu'innover, les japonais en savent quelque chose. Donc ils nous rattrapent, et ils nous rattrapent vite, et surtout ils ne nous rateront pas.

Nous avons des entreprises compétitives, inventives, qui ont du savoir-faire, mais nous ne pouvons pas les défendre contre des entreprises qui ne jouent pas du tout avec les mêmes règles. C'est comme mettre sur un stade de foot une équipe qui doit jouer avec les règles du foot, et mettre en face une équipe plus nombreuse, qui a le droit de porter la balle à la main, qui a le droit de passer la balle en avant et de faire des plaquages. On a beau avoir des Zizou des Platini ou des Titi dans l'équipe, on ne peut que perdre.

Alors je pose la question, pourquoi ne pas imposer à ceux qui vendent sur notre marché de respecter les mêmes règles que nos constructeurs? Je ne vois que des réponses dogmatiques à cette question, je n'ai pas encore eu de réponses concrètes.

1 ) Cela profitera au consommateur, car les entreprises chercheront à gagner des parts de marchés en faisant mieux (augmentation de la qualité), en faisant moins cher (augmentation de la productivité), ou en faisant des produits différents (innovation), puisqu'elle n'aurons plus l'avantage d'aller fabriquer ailleurs.

2) Cela profitera aux citoyens, car il y aura moins de délocalisation. Pourquoi aller fabriquer ailleurs quand de toute manière on doit respecter les règles d'ici pour vendre ici ? Donc pas (ou moins) de délocalisations.

3) Cela profitera aux citoyens (et à la baisse du chômage) car si on supprime l'intérêt d'être loin à l'étranger, cela veut dire qu'il vaut mieux être sur le marché. En gros, si le constructeur doit payer les même frais que ses concurrents qui sont sur place, et en plus payer les transports, sans être au plus près de ses consommateurs, il cherchera à s'implanter dans la zone pour avoir les mêmes avantages que ses concurrents sur place (pas de transport et mieux connaître ses consommateurs). (Vous imaginez, un constructeur chinois qui s'implante en Europe car c'est moins cher!). Et c'est possible, Toyota est venu, d'autres peuvent venir.

4) L'Europe, disons le haut et fort, et le plus gros marché au monde (oui, devant les USA). Utilisons enfin cette puissance, pour imposer nos règles du jeu. "Tu veux vendre chez nous, pas de problèmes, tu respectes nos règles". C'est ce qu'on appelle  de l'harmonisation sociale par le haut. Pas tout imposer de suite, mais donner des paliers (le but n'est pas d'écraser le pays pour ne pas avoir d'échanges avec lui, mais juste protéger l'emploi et l'industrie). Je ne suis pas contre les échanges internationaux, je suis pour leur maîtrise, plutôt que de dire, le marché fait mieux que nous. Le marché fait mieux souvent, mais rien ne devrait nous empêcher d'intervenir quand le marché fait moins bien (ce qui se produit aussi très souvent). Résultat : augmentation de l'emploi (car implantation d’entreprises étrangères) et des IDE (investissements directs étrangers, car implantations).

5) J'entends d'ici la critique "oui mais si on produit moins cher en Chine, le consommateur y gagne". Alors d'abord je rajouterai que le consommateur semble gagner seulement sur un marché suffisamment concurrentiel, ce qui n’est souvent pas le cas (et la concurrence pure et parfaite est bien trop souvent dans les livres d’économie, rarement dans le concret).  Je vois le prix des habits ici, je vois le prix en Europe des habits fait ici.  Il est clair qu'une très grande partie de la marge va dans la poche des grandes entreprises importatrices (et des actionnaires, donc augmentation de la concentration du capital "petite précision, je n'ai rien contre les actionnaires, il est normal qu'il soit rétribué").  Du moins aujourd'hui, car demain les chinois se passeront  des  H&M et autre Zara pour vendre sous leur propre marque.  Sans  oublier que rien ne les empêche d'acheter des marques européennes  (et ils le feront, ce qui se passe avec Marrionaud  se reproduira avec d'autres marques). Donc, enlever son travail à quelqu'un pour qu'il puisse acheter moins cher est un non sens. On sacrifie des pans entiers de nos entreprises "nos citoyens" pour pouvoir vendre moins cher aux autres!

6) J'entends aussi "c'est le consommateur qui choisit, et il choisit le moins cher". Tiens donc, vous trouvez ça étonnant! Vous gagnez le smic, vous arrivez dans le supermarché, il y a une margarine à 0.90€ et une autre à 1.20€, elles semblent équivalentes, évidemment, vous prenez la moins cher. Je prendrai la moins chère. Ce n'est pas pour autant qu'on ne veut pas soutenir le pays ou l'emploi. Quand on n'a pas assez d'argent, c'est normal qu'on ait un résonnement court-termiste qui ne va pas au delà de la fin du mois, rien d'étonnant. En revanche, j'attends de l'Etat qu'il ait un résonnement un peu moins court-termiste. Si je n'ai pas le choix dans mon supermarché, je prendrai celle à 1.20€, et je ne me plaindrai pas en réclamant celle à 0.90€ qui vient de je ne sais quel pays car je sais que c'est ce qui nous protège en tant que société, pays, nation, Union Européenne. Je préfère payer ma margarine 1.20€ et avoir un emploi plutôt que de m'arracher les cheveux car 0.90€ c'est trop cher, car je n'ai pas d'emploi (
et ma femme a un mi-temps non choisi chez prisu).

7) J'entends aussi "Ouvrir, c'est augmenter les revenus du pays". C'est vrai. On n'a pas de preuves au sens mathématique, mais on l'observe souvent. Seulement ouvrir, ça provoque des spécialisations des pays. Je suis obligé de fabriquer ce que je sais faire le mieux, et laisser tomber ce qui me coûte plus cher que mon voisin. Donc on laisse tomber des pans de l'économie "au hasard certaines industries" car notre voisin le fait moins cher. Donc on laisse tomber des pans entiers d'emplois aussi. Or l'emploi, c'est le principal outil de redistribution de la richesse. C'est aussi le plus beau, car il permet de redistribuer la richesse, d'insérer socialement, et baisser la note des anti-dépresseurs pour la sécu "ce que ne fait pas le RMI". Donc on gagne plus, mais on redistribue moins. Certes, le secteur ou on est plus efficace que notre voisin se trouve renforcé, s'il y'a pénurie de main d'oeuvre ça va peut être même augmenter les salaires, mais jamais proportionnellement à ce qu'on a perdu (je parle en terme d’emplois). Donc concentration des richesses et augmentation de la rémunération du capital. Manque de pot, la majorité des français n'est pas rentière. Quel dommage!

8) J'entends encore "On n'a qu'à faire des formations pour emmener ceux qui étaient dans le secteur défavorisé par l'ouverture vers celui favorisé". Tiens donc, mais vous vivez sur quelle planète! Oui, on peut le faire pour une partie des salariés, mais pas pour tous, et c'est là le hic. Vous allez former tous les tourneurs fraiseurs, tous les rectifieurs, tous ceux qui travaillent dans le textile depuis 20 ans pour être marketeurs chez L'Oréal ou pour faire des calculs de résistance des matériaux chez Airbus. Pourquoi pas me disent certains. Parce que c'est impossible je réponds. Arrêtons ce faux respect de tous. Tout le monde ne peut pas être ingénieur ou docteur, c'est de la fausse naïveté que de prétendre le contraire (et les ultra-libéraux qui parlent de fluidité du marché du travail le disent souvent !). Et on ne peut pas devenir (sauf exception mais dans le cas présent on s'en fou) expert comptable avec descf en poche chez KPMG quand on a été fraiseur pendant 25 ans chez Renault (à vilvorde au hasard). Il faut donc gérer la transition, et ça se gère par des aides publiques et par des ouvertures graduelles, sur 20 ans / 30 ans, car on ne sacrifie pas ses concitoyens. On peut même décider que ce secteur est crucial, et on n'ouvre pas. Tant pis pour la productivité, tant mieux pour les citoyens. C’est pas honteux.

9) Pourquoi le fait-on alors? Ah oui je sais, parce que les entreprises qui délocalisent peuvent être plus compétitives sur le marché interne (imposons les mêmes règles à tous alors, et elles auront davantage de raisons de rester). Parce qu'elles ont plus de marges et sont donc plus rentables (très bien, mais cela ne rémunère plus que le capital, le travail et rémunéré dans le pays de production. il y'a donc un double effet de concentration du capital, d'abord parce qu'il est mieux rémunéré, ensuite parce que le travail ne l'est plus, cela creuse les écarts, aie aie aie la paix sociale). En gros, ça ne profite qu'aux actionnaires et aux hauts responsables des entreprises. Que ça leurs profite, je n'ai rien contre. Que ça désavantage tous les autres, c'est là le hic. De plus, à force d'appauvrir la population, ça ne pourra que se retourner contre eux, contre nous tous. Je comprends que les grands groupes militent pour (ils défendent les intérêts des actionnaires qui les nomment). Je ne comprends pas que les politiques suivent (ils défendent l'intérêt du pays).

10) Ce qui se passe aujourd'hui avec le secteur secondaire se produira avec le secteur tertiaire. Et encore une fois, ils seront moins chers. Il y'aura une grande classe moyenne (aujourd'hui déjà 200 millions en Chine) qui pourra produire le marketing, la finance, et les assurances à moindre coût. Et Il y'aura dans le même temps encore des centaines de millions de personnes pour travailler dans les usines à bas coût pour produire notre éléctroménager. Et oui, la Chine change la donne, pourquoi ne changeons nous pas de politique?

11)  En plus, les chinois n'ont pas nos états d'âmes quand il s'agit de défendre leur pays.  Eux disent "vous voulez vous installer ici,  et bien il faudra vous mettre avec un actionnaire chinois".  Voilà  comment on arrive à vendre peu aujourd'hui aux chinois, voilà comment demain ils n'auront plus besoin de nous pour leur vendre.  S'ils apprennent à le faire avec nous, ils apprendront à le faire sans.  Bradons notre avance! Acceptons l'inacceptable pour que ce ne soit pas un concurrent allemand ou un concurrent américain qui ait le marché.  Eux ne font pas de différences entre les occidentaux. Ils  se jouent de notre concurrence pour obtenir  le maximum  de transferts de technologies et de savoir-faire. Et à voir le déficit de la balance commerciale de l'Europe ou des U.S.A avec la Chine,  autant dire qu'ils nous achètent des clopinettes par rapport  à ce qu'on importe. Dix Airbus par-ci, un réacteur par là. C'est bien pour les grands groupes. Ca ne remplace pas des industries entières avec leurs emplois.  Et puis  encore une fois, on leur vend aujourd'hui, on ne leur vendra pas demain.

 
La Chine à l’OMC, c’est un peu une boutade. Ils protègent férocement leur marché. Quelques règles par-ci par-là, on gagne du temps en reculant les avancés (dans 1an, dans 2, dans trois, et dans trois ans on verra). Et quand cela ne suffit pas, on fait confiance au nationalisme très fort et une presse sous contrôle total pour faire le travail. Aller installer des marchandises sur des étales recouvertes de journaux qui vous dénigrent. Et quand vous crier au scandale, on vous répond « on ne vous a pas invité, si vous venez, vous ne critiquez pas, vous vous taisez », Google en sait quelque chose, lui qui est si souvent comme par magie inaccessible en Chine (et danone dernièrement).

En conclusion :

D'abord, je voudrais qu'on me réponde sur le "Pourquoi on ne devrait pas imposer des critères pour vendre en Europe, de même qu'on le fait pour la sécurité, on pourrait le faire pour le social". On ne peut pas dire "on ne peut pas" sans avoir essayer. C'est vraiment la preuve d'une perte d'ambition. Nous avons le plus gros marché, quel dommage que nous n'ayons pas le plus gros rapport de force à cause de querelles de chapelle entre pays européens. Puisque notre nouveau Président dit ne pas avoir de tabous, j'aimerais qu'ils nous disent pourquoi imposer des taxes ou des critères sociaux serait devenus honteux!

De grâce, ne me dites pas "n'ayez pas peur de la mondialisation". Dites moi plutôt "Voilà comment nous allons nous y préparer, voilà comment nous allons maintenir notre rang, ou mieux encore, GAGNER des places". Je veux entendre parler de STRATEGIES. Le déclin de la France n'est pas inéluctable. Je le sais. Mais il le deviendra si nous continuons à creuser notre tombe. Arrêtons de confondre intérêts des actionnaires immédiat et intérêt de la France. Nous avons des atouts: des scientifiques de talents, un niveau général d'éducation de la population plutôt bon, nous n'avons pas à rougir de nos IDE, une politique fiscal de plus en plus attrayante, des organismes de recherche assez efficace, bien que les retombées sur les entreprises (notamment les PME) soient encore trop limitées, des entreprises publiques qui n'ont pas à rougir non plus. Des atouts, nous en avons. Mais de mêmes que dans le film de kassovitz, arrêtons de dire "pour l'instant tout va bien". Le gouffre, et il y'en a un, est devant nous. Notre Président, lors de son discours le soir de son éléction, a évoqué l'Europe, l'Afrique, l'Amérique mais pas l'Asie, pas la Chine. Or c'est une question qu'on ne peut éviter. Alors je vous le demande, avez-vous une stratégie, que faisons-nous? Comment allons nous nous défendre, et mieux encore, comment allons nous attaquer ?


 

Publié dans Politique

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Nacene en Chine 18/07/2007 14:31

Tu as raison. les capitaux peuvent aujourd hui se deplacer tres rapidement et sans cout (cout de frottement tres faibles). Donc on change tout le temps et on va la ou ca rapporte le plus. par consequent, ca ne favorise pas l'investissement a long terme.Par ailleurs, pour attirer les capitaux, il faut leur distribuer plus de dividendes. Si plus d'argent va aux actionnaires, il y'en a moins pour les salaires. On pouvait dire jusque la, que ce qui ne servait pas le salaire immediatement le servirait plus tard, car qui dit capital dit investissement. Sauf que la donne a change, et on peut obtenir des dividendes dans un pays F, les maximiser car il y a du chomage et donc le rapport de force n'est pas du cote des salaries, puis investir dans le pays B car c'est la que le rendement est meilleur (parce que la main d'oeuvre n'est pas cher par exemple) et finalement aller habiter dans un pays R avec son argent sur des comptes dans le pays X. C'est un systeme de vase communicant qui joue a notre desavantage car obligatoirement le rattrapage d'un pays va plus vite que l'innovation pure et dure. donc la chine saura fabriquer la meme chose que nous rapidement, avec des meilleurs rendement car ils mettront plus de temps a rattraper au niveau social (1,5Mds d'habitant, ca laisse encore du monde pour tenir la pression sur les salaires).le mecanisme marchait avant, car le capital obtenu dans le pays F etait en grande partie investit dans le pays F. ce n'est plus le cas aujourd'hui. Premiere destination des IDE aujourd'hui.... la Chine...

sumi 18/07/2007 13:24

sur un point tu as raison ,ton article est long,mais il est bien fait,mais tu parles de la consomation,de la production,du nationalisme,la seule chose que personne ne c'est les capitaux viennent d'ou,et quand repartiront-ils dan un autre pays,ou etat.bien a toi

Ricolo 12/07/2007 06:13

Hacène, tu devrais publier ce genre d'articles sur un média internet tel AgoraVox.tiens d'ailleurs voici un article interressant :"La désindustrialisation en France, un mythe ?"http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=26647

Nacene en Chine 15/07/2007 10:49

il est intéressant cette article mais je trouve qu'il passe un peu trop vite sur certaines affirmation. Les sources sont riches, mais l'argumentation pas toujours logique...

Mira 02/07/2007 00:50

Moi aussi!!!J'ai enfin pris un moment pour lire ton article (note bien que je ne dis pas "petit moment" ;o) ) et j'ai appris plein de choses, merci!Je ne sais pas ce que tu attends comme commentaires, il me semble que tu as fait le tour de la question concernant la France.Ce que je remarque c'est que, dans beaucoup de pays, plus il y a d'argent et moins il y a de social...Que font les Etats pour leurs peuples? Est-ce qu'ils leur permettent de s'épanouir, de jouir d'une sécurité de l'emploi, d'une sécurité tout court, d'une préservation de la santé?Je crois que pour ces Etats, l'argent n'est pas le moyen qu'ils devraient utiliser, mais la fin. Par exemple, pourquoi vendre des produits contenant des OGM quand ceux-ci peuvent présenter des risques pour le consommateur? Ben, parce que ça enrichira le groupe qui le produit et qui préfère tout mettre en oeuvre pour cacher les études ou les trafiquer. Quant au consommateur, si son organisme devient lui aussi modifié, éh ben, on lui fabriquera de nouveaux médocs histoire d'essayer de renverser la balance, comme si on pouvait tout réparer, et... avec un peu de chance (pas pour cette personne), le groupe qui lui a vendu ce qu'il a consommé sera aussi le groupe qui lui vendra ses médocs, mais attention! Seulement s'il y a plein d'autres personnes malades aussi... Sinon, ça ne vaut pas le coup, après tout,  c'est lui qui a décidé de consommer...Est-ce que quelqu'un a vu "We feed the world"? J'ai "adoré" l'interview du PDG de Nestlé, son point de vue sur l'eau, qui en tant que denrée alimentaire, doit avoir une valeur marchande, il surenchérit en disant: "Il y a une position extrêmiste qui consiste à dire, comme les ONG, que tout le monde doit avoir accès à l'eau". C'est édifiant, non?Y a un morceau techno dont le refrain est: "Money, money, get rich or die tryin'"L'hymne des grands groupes doit être assez proche, je verrais bien un truc du genre: "Money, money, get rich even if they die while you're tryin'"Et l'Humain dans tout ça?Je m'égare, mais finalement tout est lié...

aStico 29/06/2007 09:57

Et bien moi je dis bravo !
J'ajouterai à la réflexion la question de la production. C'est à dire que nous vivons sur une planète qui est donc un système fermé. On construit toujours plus, mais alors pour qui et pour quoi ?
Alors aujourd'hui pour continuer à alimenter la machine productiviste, on détruit au plus vite tout ce qu'on a fait, pour pouvoir construire et vendre encore, enrichir les actionnaires en faisant travailler plus les ouvriers, si possible serviles et bon marché.

On exploite le sous-sol dans des mines toujours plus grandes, plus profondes, On exploite les forêts qui ont mis des milliers d'années à se former. Et puis finalement, après les cycles de vies du sacro-saint "produit" on enterre des tonnes et des tonnes de déchets, on en brûle autant avec toutes les émanations nocives que l'on connait aux incinérateurs.
Pour qui ? Pour quoi ? Qui a BESOIN de changer sa voiiture tous les six mois ? Non, c'est par pûr plaisir, envie, ces pulsions sur lesquelles le marketing aime tant jouer jusqu'à nous vendre notre propre mort et celle de la planète.

Peut-être est-il temps de changer les valeurs du capitalisme et de la mondialisation. Et comme tu le dis justement Hacène, c'est bien aux politiques que devrait revenir la tâche de protéger ces citoyens !

Nous sommes tous, même sans le vouloir, citoyens de la Terre.